LE MENEAU NOUVEAU EST ARRIVE
On l'avait presque oublié. Voilà le grand Marc de retour au mieux de sa forme.
Insubmersible! Il est tel le phénix, qui, s'il meurt un soir, le matin voit sa renaissance.
On l'avait cru perclus de dettes, enterré, oublié qu'il fut, un an durant, par le Michelin. Le voilà qui renaît de plus belle. Marc Meneau a vendu le golf d'Aillant sur Tholon, qui pesait sur sa gestion. Il s'est recentré sur son domaine du village de Saint-Père, au pied de la colline de Vézelay, sa grande table, l'Espérance, son Moulin et son pré des Marguerites, son bistrot Entre-Vignes.
Sa cuisine poétique, baroque, grande bourgeoise, mais légère et épurée, n'a jamais été aussi bonne aussi juste, aussi vive. Ce quasiautodidacte, formé par André guillot, le maître du vieux marly, collectionneur de grimoires, émule d'Edouard Nignon, ne cesse de recréer le goût de son temps à partir des produits et des saveurs de l'époque.
Sa tête de porc en roulade panée est une merveille du genre rustico-raffiné et son épaule d'agneau avec son cresson poivré et pimenté une leçon de choses. Amoureux des légumes et des salades, il les fait redécouvrir avec un allant neuf. Ecolo un brin anar, amateur d'iode, il est aussi à l'aise dans l'exercice des huîtres en gelée ( avec une crème de camembert) que tièdes ( avec un bouillon d'échalotes). Sa volaille Mieral au Foie Gras en demi-deuil son infusion de pissenlit crémé à l'oeuf de poule, sa "tièdeur" d'artichauts à la laitance et aux écrevisses ou , encore ses merveilleux desserts gourmands ( coupe Marie-Antoinette avec mousse de lait, fruits et gelée d'hibiscus, créée pour Sofia Coppola, mille-feuille craquant à la vanille, tarte aux pommes beurées) donnent envie de prendre une pension chez lui.
Un week-end au pied de la colline qui abrita Jules Roy, Max-Pol Fouchet, Romain Rolland, Georges Bataille ou Christian Zervos est comme une halte dans la promenade d'un gourmet moderne, un espace clos dans un temps bé,i par des dieux de l'esprit.
Le service ordonné par la douce Françoise née Plaisir, les meilleurs bourgognes conseillés par un sommelier au fait de son sujet, les menus dont les prix - eh oui!- ont baissé depuis deux ans, plus des chambres douces, coquettes, raffinées: voilà ce qui se propose chez le Meneau nouveau. Que du bonheur::
article du magazine "Le Point" par Gilles Pudlowski
Mercredi 30 Avril 2008